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31 août 2007

Virée à Oulton Park

Dscn2199_3La virée anglaise de l’été avec moult détails.

La Oulton Park Gold Cup qui était une légendaire course de F2 il y a quelques années, est devenue un très beau et très british meeting historique. Je décidais d’y participer car c’était la seule épreuve anglaise se déroulant à une date compatible avec notre calendrier de F3Classic français. J’avais la voiture adéquate, la Lola Toyota 1978 vue aux mains d’Hervé Delaunay à Croix. Quelques tours à Croix fin Juillet, pour la prendre en main et histoire de vérifier que tout va bien. Voiture amusante, me rappelant beaucoup une Formule Ford avec la possibilité de la balancer comme un kart.

La direction est un peu lourde à cause de triangles avant très courts. Check up complet, un peu de mousse ici, des pneus neufs et nous chargeons l’auto dans une petite remorque. La virée est prévue avec un Trafic mais il n’arrive pas et mi-août, Maxence me propose très aimablement de partir avec le sien. Il en profitera pour passer chez Caterham acheter des pièces. Rendez-vous à 6h30 vendredi à Saint Maur avec Maxence Thoinard et Michel Grandin. Nous nous installons dans la cabine, Maxence au volant, Michel près du hublot et moi en sandwich : je ferai tranche de jambon pendant 3 jours. Nous arrivons au tunnel pile poil à l’heure exacte réservée pour le passage. « Gentlemen, vous avez réservé pour un passage aller Folkestone – Calais… » Comme il n’y a personne, le changement est fait sans difficulté et nous embarquons. Le personnel est efficace et rend le passage d’une simplicité biblique. Les tarifs varient selon les périodes et ce n’était pas la moins chère : 384 euros au total aller-retour pour une camionnette et une remorque. 30 minutes plus tard nous débarquons dans un pays ensoleillé. Il est 11h, heure anglaise, et nous enquillons immédiatement le motorway qui fait le tour de Londres. Nous devons arriver le soir à Oulton Park qui est au sud de Manchester car des essais libres sont prévus Samedi à 10h. Avant de traverser l’estuaire de la Tamise, à Dartford, nous faisons une halte chez Caterham. Le Trafic qui était déjà assez plein, ingurgite sièges, jantes, portes, ailes et différent babioles. Nous avions décidé de voyager léger, mais même léger, il y a du volume ! Retour sur l’autoroute que les Anglais appelle « le plus grand parking du monde » ; C’est bien vrai ! Des embouteillages permanents même la nuit et les jours fériés. Nous mettrons 3 h pour faire 100 km. Nos copains François De Rossi et Geoffroy Rivet qui courent en F3 1000 cm3, connaissent le truc et ils ont choisi une autre route : ils ont pris la veille au soir un ferry à Zeebrugge qui fait la traversée dans la nuit vers un port à l’est de l’Angleterre. Au petit matin, ils n’ont plus que 200 km à faire pour rejoindre Oulton. Des heures d’embouteillages plus tard, vers 18h30 nous arrivons à Nantwich où nous avons réservé des chambres dans un hôtel. La construction date de 1585, elle est en bois et porte le poids des ans… rien n’est droit, au point que le tiroir de la commode s’ouvre tout seul et qu’il faut se courber pour passer sous les poutres. Charmant mais à l’anglaise. Nous indiquons notre arrivée et filons au circuit à 20 km de là. En suivant le fléchage nous empruntons une route minuscule en sous-bois, longeons un mur en brique délabré et parvenons à un porche majestueux qui semble dater du début du XXème siècle… C’est là, mais c’est fermé. On pénètre un peu plus loin, par une entrée moderne avec des guichets. Magnifique. Tout est au cordeau mais à échelle humaine sans béton omniprésent. Dès l’entrée du paddock, la bande des 1000cm3 frenchies nous accueille chaleureusement. Nous installons notre tente, sortons la voiture, remontons l’aileron arrière démonté pour le voyage, rangeons notre bardas. Il est 9h30 et décidons d’aller diner et dormir. Un gros Hic ! La grille du paddock est verrouillée. Elle ferme à 9h. Plusieurs voitures attendent mais en vain, elle n’ouvrira pas. Un jeune responsable du gardiennage encaisse bravement les remontrances et supporte tous les noms d’oiseaux mais rien n’y fait : il n’a pas la clé. Heureusement une BMW trouve une faille dans l’enceinte, en longeant la piste au bout d’un champ. Sauvés ! Les pubs ne servent plus et nous échouons dans un restaurant indien au grand bonheur de Michel qui ne peut ingurgiter que du steak frite. Il parlera longtemps de son poulet tandoori mais pas des 12 bières, à sa convenance, qu’il a ingurgité. Samedi. Essais libres à 10h. Nous sommes au circuit à 7h car les vérifications doivent être faites avant. Elles sont très bien organisées, sous un hangar en 5 files. Le commissaire connait Jacques de Priester et ne fait aucune remarque sur la voiture. Etant installés dans une mauvaise zone du paddock, nous transférons la tente toute montée et le bardas ailleurs, juste à coté de Rob Moores et de Paul Wyeth. Et tout commence. Michael Grandine, chief engineer, dépose les bougies, fait monter la pression d’huile et religieusement démarre le moteur. On chauffe un peu. On arrête. On contrôle. L’eau : on ajoute la valeur d’un verre, disons un quart de litre. Pas de fuites. L’huile : on la voit à l’œil mais on plonge une jauge. Elle ressort brun mayonnaise … On recommence. La mayo est belle, homogène, ferme. C’est grave… Un petit coup de mou… On vidange la bâche à huile. Il sort 5 litres de mayo. Le filtre : idem. Que faire ? John Bradshaw nous propose de retourner chez lui chercher un joint de culasse, mais est-ce bien ça le mal ? Il faudrait déposer le moteur car il n’est pas possible d’enlever la culasse dans le châssis. Finalement nous renonçons. John Bradshaw insiste pour que je fasse une série sur sa voiture pour au moins connaitre le circuit. Sympa mais je préfère en rester là. Je cours voir les organisateurs pour essayer d’être rembourser des essais libres. J’étais inscrit à 2 séances et le cout n’est pas neutre. 120 livres la séance de 20 minutes. 20 minutes s’il n’y a pas d’interruption or il y a de multiples interruptions. Pas donné n’est-ce pas. Finalement en France ce n’est pas cher. On replie tout, on charge la remorque et le Trafic. Maxence et Michel sont encore plus déçus que moi. Comme tout est beau, je ne regrette pas le voyage. Nous en profitons pour visiter le circuit. Il ressemble au parc d’un château, à un parcours de golf. De grandes étendues herbeuses avec des arbres majestueux, centenaires. La piste est non pas vallonnée, mais plutôt « ondulée ». Larges courbes qui n’en finissent pas, ondulations suivies de courbes aveugles au-delà de la bosse. Elle contourne un étang, repart dans la forêt, passe devant l’une des vieilles portes d’enceinte… Merveilleux. En plus, c’est un circuit fait pour les spectateurs. Ils s’installent sur les talus en herbe avec siège pliant et thermos et passent une journée au grand air. Un Papy lit le journal, un autre s’est enduit d’écran total car le soleil est redouté, pensez donc, il fait au moins 18 degrés ! Nous regardons Rivet, De Rossi et Bertin apprendre la piste. Courte séance pour De Rossi qui sort et brise des triangles arrières. Un saut à 35 minutes de là chez un artisan qui refait toutes les pièces de Chevron et il peut réparer. En F2, festival de Martin Stretton qui se fait les grosses 2 litres avec sa 1600. En F3Classic, impossible de dire qui va vite car la séance est perturbée par 3 drapeaux rouges. Peter Williams, Richard Trott, Max Samuel-Camps, Tom le mécano de Paul Wyeth, tous sont heureux de nous voir. Nous évoquons le projet de Championnat européen. Ils sont enthousiastes. En fin d’après-midi, visite culturelle à Chester, ville qui a conservé des constructions médiévales à colombage puis retour au circuit pour un apéro joyeux avec les frenchies. Diner dans un pub élégant où Michael peut enfin manger un steak. Nos voisins de tables sont anglais. Ils ne parlent bien sûr pas un mot de français mais nous nous débrouillons et ils finissent par obtenir l’adresse de Maxence pour venir un jour tester sa cave. En guise de dessert nous faisons un tour dans un pub qui attire toute la jeunesse du coin. Les jeunes filles, très délurées et très peu vêtues y sont majoritaires. Une ruche, un poulailler, ça caquette et ça boit des alcools forts. Dimanche, nous reprenons la route du tunnel. Quelques palabres à l’embarquement puisque nous rentrons plus tôt que prévu. Vers 21h heure française, nous arrivons à Saint-Maur. Maxence repart aussitôt chez lui dans la Marne. Il aura conduit 950 km. Son Trafic est parfait : 150km/h avec la remorque, une vitesse que je ne peux atteindre avec ma voiture habituelle. Un long périple pour pas grand-chose, pour rien même. Je vous avais dit que vous pisseriez de rire ! Nous avons vu un circuit paradisiaque, le plus beau circuit du monde. J’y retournerai mais accompagné d’autres concurrents. Au moins si l’un casse, nous nous occuperons des autres.

« Michael Grandine, Max Sens, Béache » Oulton, le 28 /8/2007

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Publié le 31 août 2007 par Bernard Honnorat
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Commentaires

Rédigé par: Patrick | 3 sept. 07 10:21:17

Grosse déception que tu prends de bon coeur mais finalement l'histoire ne dit pas si, après avoir couru jusqu'aux organisateurs pour être remboursé, ils se sont comporté en vrai businessman briton (tu vois style Bernie) où s'ils ont compatis à ta situation !!

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